Jusqu'où aller pour ne pas aller trop loin





 Retour sur la 38è édition du festival

 Retour sur les premiers longs métrages en compétition

 

 Que nous ont appris les jeunes cinéastes en compétition cette année 2026 ?


Pour paraphraser Werner Herzog dont le festival nous a offert une formidable rétrospective  

« Jusqu’où aller pour ne pas aller trop loin ». 

Jusqu’où aller dans la jouissance de la vie pour qu’elle ne se renverse pas en jouissance de la mort.  


Comment faire pour remettre de l’ordre dans ma tête, dans ma chambre, dans ma vie dans The son and the sea.

Comment entendre la douleur provoquée par la chute qui fait signe d’une blessure ancienne et d’une vulnérabilité inacceptable pour un boxeur dans  la danse des renards.

Pourquoi se refuser le dernier verre pour la route, la route vers la tombe, la machine pour élaborer son deuil.

Comment Angella, la sourde, pourrait-elle entendre son enfant entendant et créer un lien avec lui dans Sorda.

Pourquoi la rencontre avec la sexualité plonge-t-elle Ainara dans un délire mystique dans Les Dimanches.

Comment se remettre d’un viol qui vous rend mère à 15 ans dans A bras-le-corps.

Comment faire avec la gifle qui vous confère un œil absolu pour surveiller l’intimité des parents. Comment fait-on avec la rencontre avec le sexuel pas si naturel que ça dans La Gifle.

 

Comment fait-on quand on est allé trop loin, qu’on n’a pas les mots pour le dire, ni le non du père pour refréner la jouissance.

Comment fait-on quand on a cassé son instrument et sombré dans la dépression… on bricole une nouvelle musique avec des instruments de cuisine dans La lumière ne meurt jamais.

Les jeunes réalisateurs nous montrent un chemin vers l’acceptation de soi, un bricolage pour faire avec ses propres failles, un chemin qui passe parfois par un retour à la nature, de belles rencontres avec un Autre qui vous permet de lâcher un bout de jouissance envahissante. Ces cinéastes nous proposent « un sauvetage » par l’amitié plus forte que l’amour et la formation d’une nouvelle communauté. Et surtout le chemin du désir qui réveille, le désir de se libérer de l’emprise d’une société qui vous enferme dans sa lâcheté, le courage de se faire le sujet de sa propre histoire.

Et pourquoi pas recevoir une nouvelle gifle !

Et s’échapper en faisant du cinéma.